LAME

(…) j’oublie le passage du vent dans les branches de l’arbre qui se traduisait par un changement permanent des ombres sur la table de pierre.

Pourtant je suis toujours présent parfois dans cette sorte d’île, de lieu sous l’arbre où je pressentais que le passage du vent dans les branches et la mobilité des ombres sur la table de pierre serait signe de l’oubli et de la permanence d’un passage dans la mémoire et sans traces.

La présence insistante d’une absence que je pouvais sentir plus intensément qu’un corps sans doute par les mouvements des ombres et de la lumière sur la table de pierre et par le souffle incessant dans les branches de l’arbre dont j’oubliais la présence.

Comme gestes affairés légers autour de moi qui m’oubliais dans la sensation d’une présence qui ne trouvait pas de corps pour s’incarner.

Alors là, mais où ?, il y avait un arbre, et les mouvements des ombres de ses branches, innombrables, incessants, dans les souffles de vent, sur la table de pierre. J’avais déposé une feuille pour qu’il dessine, un a3. Moi, je ne faisais que passer ou retourner voir, comme un contremaître qui vient constater l’avancement d’une tâche.

J’oublie souvent et me souviens parfois que je promène le regard d’un mort (…)