ZZZZ

on ne perd jamais assez
il faut que les maris laissent partir leurs femmes
que les amants laissent partir les amantes et les hommes et les femmes leurs coeurs les esprits leur mémoire
le vent son souffle et l’océan sa mer
le lit son fleuve
les hommes leur amour
le temps que le feu dévore tout une éternité
que ce monde effondré soit rendu à lui-même
plus une ville plus un visage plus un enfant plus un amour
fleurs fanées résistent mieux que fleurs vives toujours déjà passées

champs de coquelicots sitôt cueillis sitot fanés, ne sachant pas faner
champs d’oliviers pétrifiés