VLNG

Palindrome
Les mots et le vide.
Si je ne peux te toucher, te prendre dans les bras, ni même te voir désormais : certains croient qu’un mot peut encore protéger, sauver ou au moins se transmettre, qui soit encore de l’amour. D’autres dont je croyais être ne pensent pas cela, et incantent le vide et l’absence sans espoir que leur agitation et leur trouble remontent jamais jusqu’à toi.
Entre ces deux catégories d’hommes, si un écart semble creusé, important, infranchissable, il apparaît peut-être en réalité que la frontière soit infra-mince ou nulle ; les premiers utilisent les mots dans ces lieux ultimes comme ils utiliseraient des morceaux de bois ou toute autre matière disponible, et les promettent au vide ou à l’incinération, les autres, s’ils font reposer sur le langage leur expression, ne peuvent aujourd’hui y trouver qu’un vide fondamental, un inachèvement et une solitude fondateurs ou du moins infranchissables.