ROTH

On me dit : cesse de faire l’enfant,
et je me souviens que je ne suis plus je suis celui qui suis l’enfant que je convoite, l’enfant loin encore de la convoitise de l’enfance.
Si cis ici six cis, lui là, voulant à la fois suivre celui qui le devance et être son fils. Ce fils-là qui, aîné aurait accompli cette révolution-ci, celle qui consiste en un retournement de l’engeance, de la chronologie, et de la paternité, à la fois les deux en un et un en deux et rien ou personne, pas même encore la trace d’un corps ou d’un être qu’il fut, aboli, incinéré dans cette harmonie.
Rien ni personne, sous tendu par cette petite chanson dérisoire ou au moins simplement discrète, qui le maintient, rien, encore suffisamment consistant pour traverser l’espace, l’étendue-temps, sans disparaître totalement, perdurer ou per-errer, dans cette telle violence et déchirure qu’elle en est, non inhospitalière, insensible, blanche ou bruit blanc, neige, lumière du nord valant jusqu’à un certain point béance, blanc d’œil crevé, lacune sans manque, juste une faute de frappe d’une lagune absente.